Économie

SFR prêt à faire cavalier seul

SFR prêt à faire cavalier seul

La filiale de Vivendi est à un tournant de son histoire. Elle s’apprête à quitter le giron de sa maison mère pour devenir indépendante, loin du pôle médias. Cette opération pourrait être effective «dès 2014». L’opérateur télécoms pourrait alors jouer un rôle central dans la consolidation du marché français des télécoms, alors que les analystes spéculent sur un rapprochement avec Numericable.
Un rôle qu’a toutefois nuancé Jean-Yves Charlier, le PDG de SFR, qui s’exprimait ce mercredi lors du Digiworld Summit à Montpellier. «Notre groupe n’a pas besoin de s’adosser à d’autres acteurs en France pour mener sa stratégie. Nous avons la taille d’un grand opérateur monopays» a-t-il affirmé, fermant la porte, du moins pour le moment, à l’idée d’un rapprochement capitalistique avec un autre acteur du marché. Pour l’heure, SFR se concentre sur la mutualisation de ses réseaux mobiles avec ceux de Bouygues Telecom. Accord qui est aussi soumis aux autorités de la concurrence qui doivent en définir la portée.
Par ailleurs, Jean-Yves Charlier a mis en avant le nouveau positionnement de la marque, soulignant que «SFR a répondu à la segmentation plus grande du marché avec le lancement des offres Red et la Poste mobile, qui totaliseront bientôt 3 millions de clients», même si cette réponse a pu sembler tardive après l’offensive de Free dans le mobile. «Nous adaptons nos coûts aux nouvelles réalités du marché, mais un programme de transformation ne peut préparer l’avenir seul» a ajouté le PDG, qui parie sur le renouveau de l’industrie et sa capacité à monétiser les usages.
Résoudre le douloureux paradoxe des télécoms

«SFR est le seul opérateur alternatif qui a investi de manière significative dans la fibre et la 4G avec 1,6 milliard d’euros d’investissements environ par an» a-t-il en outre mentionné, convaincu que ses offres 4G «sont les plus innovantes, avec de nouvelles applications et de nouveaux contenus».
Certes, il lui faut encore résoudre le douloureux paradoxe des télécoms, qui voit les usages augmenter et les chiffres d’affaires baisser. Jean-Yves Charlier en appelle à «un cadre réglementaire qui permette un meilleur équilibre entre les prix et le maintien d’une stratégie de filière». Les opérateurs télécoms ont déjà rogné sur les dividendes distribués la baisse des investissements seraient une conséquence dramatique de la pression concurrentielle qui règne dans ce secteur. «L’industrie est actuellement devant un mur d’investissements, nous allons voir la fracture numérique entre villes et campagnes se creuser, faute de moyens», prévient-il. Même si d’après Jean-Ludovic Silicani, le président de l’Arcep (l’autorité de régulation des télécoms) les investissements consentis par les opérateurs, hors achats de licence, n’ont jamais été aussi élevés.
Enfin, Le patron de SFR en appelle aussi à un engagement fort des pouvoirs publics pour promouvoir de nouveaux usages qui seraient à même d’apporter de la valeur aux opérateurs télécoms, tels le e-learning (éducation à distance) ou la e-santé.

 

Source : Lefigaro

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