Économie

Danièle Nouy désignée pour prendre la tête de la supervision bancaire

« De mon point de vue, il y a trop d'options nationales dans la définition du capital en Europe et il faut qu'on aborde le sujet. » (Danièle Nouy / Présidente du comité de supervision des banques rattaché à la BCE.) - Photo Daniel Roland/AFP En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/journal20150226/lec2_finance_et_marches/0204183906641-supervision-bancaire-la-bce-sattaque-aux-exceptions-nationales-1096862.php?hsPp1pDqcwkTBD1T.99
Danièle Nouy désignée pour prendre la tête de la supervision bancaire
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La Banque centrale européenne (BCE) a décidé de proposer la nomination de la Française Danièle Nouy à la tête de la supervision bancaire unique européenne (SSM), dont elle doit prendre la charge à compter de novembre 2014.

« Le conseil des gouverneurs de la BCE a aujourd’hui nommé Danièle Nouy pour la présidence du directoire du nouveau Mécanisme de supervision unique et a informé la présidente de la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen, Sharon Bowles », a déclaré la BCE dans un bref communiqué envoyé mercredi dans la soirée.

La nomination de Mme Nouy, secrétaire générale de l’Autorité de contrôle prudentiel (ACP), reste en effet soumise à l’approbation du Parlement européen (PE). Une audition devant la commission présidée par Mme Bowles est déjà programmée le 27 novembre, a précisé la BCE.

Mais cela devrait être une formalité.

La désignation de Mme Nouy, 62 ans, ne constitue en effet pas une surprise: son nom circulait depuis des mois.

Elle possède le profil requis, ayant effectué l’essentiel de sa carrière dans le contrôle bancaire.

En outre, tout le monde a à coeur de nommer une femme, en particulier la BCE, sous le feu des critiques l’an dernier en raison de son directoire de six membres uniquement composé d’homme. Le Parlement européen, pour exprimer sa désapprobation, avait d’abord voté contre la dernière nomination en date, celle de Yves Mersch.

Par ailleurs, la France, qui avait accepté de taire ses prétentions pour la tête de l’Eurogroupe -qui est allée en janvier 2013 au Néerlandais Jeroen Dijsselbloem- attendait depuis une contrepartie.

Mme Nouy, si elle est confirmée, devrait prendre ses fonctions au plus tard au mois de janvier.

Environ un millier d’embauches

Il faudra ensuite lui trouver un vice-président, qui sera issu du directoire de la BCE. M. Mersch, chargé du Projet d’union bancaire avec le vice-président de la BCE, Vitor Constancio, est pressenti. Et aussi recruter ses directeurs généraux et le personnel nécessaire pour assurer sa tâche de gendarme des banques de la zone euro.

Un appel à candidature a été lancée et la BCE compte embaucher un millier de personnes environ. Pour accueillir ce nouveau personnel, l’institution monétaire de Francfort a annoncé il y a une dizaine de jours qu’elle comptait finalement garder son siège actuel, qu’elle loue, après la livraison courant 2014 de la tour qu’elle s’est fait construire dans l’est de la ville en 2014.

Au total, le SSM, chapeauté par la BCE, doit assurer la supervision des 130 plus grandes banques de la région à partir de novembre 2014, un chiffre qui pourrait grimper si on l’autorise à mettre le nez dans les comptes des établissements plus petits ou si des pays de l’Union européenne non membres de la zone euro entrent dans le mécanisme.

Avant d’endosser cette nouvelle responsabilité, la BCE vient de lancer une opération d’évaluation du bilan de ces banques.

Cet état des lieux -baptisé asset quality review (AQR)-, se doit, selon les termes de la BCE, d’assurer la transparence des banques, de « réparer » ce qui doit l’être dans leurs bilans et ainsi permettre un retour définitif de la confiance des investisseurs privés échaudés par de précédents examens qui n’ont pas su détecter les défaillances de banques comme Bankia en Espagne ou de l’italienne BMPS.

Cet exercice sera accompagné d’un passage en revue des actifs des banques au 31 décembre. Un test de résistance, mené conjointement avec l’Autorité bancaire européenne (EBA), complètera cet exercice en fournissant un aperçu de la capacité des banques à absorber des chocs dans des conditions de tension, voire de crise.

Les détails de tous ces examens doivent être progressivement dévoilés et leur résultat ne sera pas connu avant octobre 2014.

Le SSM constitue le premier jalon de l’Union bancaire, sur laquelle les ministres européens des Finances peinent encore à se mettre d’accord, en particulier sur le mécanisme unique de résolution de la zone euro, qui sera chargé de décider du sort des banques en difficulté. Une décision est attendue avant la fin de l’année.

 

Source : AFP

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