Économie

Heuliez ferme ses portes, les salariés espèrent

La majorité des 285 salariés de l"équipementier automobile Heuliez SAS mis en liquidation judiciaire se sont réunis une dernière fois jeudi dans leur usine de Cerizay, dans les Deux-Sèvres. Ils veulent encore croire en une hypothétique reprise. /Photo d"archives/ REUTERS/Stéphane Mahé
Heuliez ferme ses portes, les salariés espèrent
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BORDEAUX (Reuters) – La majorité des 285 salariés de l’équipementier automobile Heuliez SAS mis en liquidation judiciaire se sont réunis une dernière fois jeudi dans leur usine de Cerizay (Deux-Sèvres), mais ils veulent encore croire en une hypothétique reprise.

Il est loin le temps, une quinzaine d’années, où l’usine fourmillait de ses 1.500 salariés, un chiffre qui est même monté à 3.200 en 2005 lorsqu’Heuliez carrossait l’Opel Tigra.

L’espoir, en ce dernier jour d’activité, a été nourri jeudi par la décision du tribunal de commerce de Niort qui a autorisé la cession des bâtiments et des machines à la Société d’économie mixte (SEM) lancée par la région Poitou-Charentes.

Le but de cette offre formulée par la collectivité présidée par Ségolène Royal, qui se bat depuis des années pour la survie d’Heuliez, est de préserver l’outil de production en cas d’accord sur un plan de reprise par un industriel espagnol.

« Il s’agit seulement d’éviter la dispersion de l’outil industriel et de préserver la capacité de production dans l’hypothèse d’une future reprise du site », indique l’ordonnance du tribunal, qui fixe le montant de la reprise à 5.000 euros.

La SEM, qui répond au nom de « Fabrique régionale du Bocage » a un capital de 900.000 euros, dont 650.000 apportés par la région, le reste provenant de plusieurs entreprises régionales.

Elle permettra de conserver l’usine en l’état en attendant un gros marché de fourniture de pièces de rechange pour Volkswagen qui, s’il se concrétisait, permettrait la reprise de l’usine de Cerizay par l’Espagnol Cosmos XXI.

Ce dernier « est en négociation avec des constructeurs et attend toujours la réponse de Volkswagen. On pourrait espérer alors qu’à terme ce sont 200 à 250 personnes qui pourraient être reprises », explique le délégué CFDT Xavier Cailloux.

En attendant, de 10 à 15 salariés devraient être conservés par la SEM pour assurer la maintenance de l’outil.

UN GROUPE CRÉÉ EN 1920

Les salariés, qui ont une dernière fois pénétré jeudi dans l’usine, avaient disposé sur la façade une banderole où l’on pouvait lire : « Un siècle d’histoire liquidé ».

Avant de quitter les lieux, ils ont tous accroché leur veste de travail au grillage entourant les lieux.

« Les activités ont cessé peu à peu depuis la décision du liquidation, le temps que les dernières commandes soient assurées. Les derniers à travailler étaient ceux de l’emboutissage. Les autres étaient dispensés de présence sur le site et c’est pourquoi nous avons voulu réunir une dernière fois ceux qui le souhaitaient », a dit Xavier Cailloux.

« Le liquidateur va envoyer les lettres de licenciement aujourd’hui aux salariés. Ils seront de fait licenciés à réception, entre samedi et mardi », a-t-il ajouté.

Ils ont obtenu une prime de licenciement supra-légale de 10.000 euros et des aides au reclassement d’un montant total de près de 500.000 euros.

La moyenne d’âge est de 48 ans, et 26 ans d’ancienneté. Une trentaine de personnes est à moins de 4 ans de la retraite. Les plus anciens ont 44 ans d’ancienneté, précise Xavier Cailloux.

Heuliez SAS a été mis en liquidation par le tribunal de commerce de Niort le 30 septembre dernier faute de repreneur.

Le groupe familial, créé en 1920, et en grande difficulté à partir de 2006, avait été sauvé en 2010 grâce à la reprise de la partie historique de carrosserie, ferrage, emboutissage et assemblage par Baelen Gaillard Industrie (BGI).

La branche voiture électrique avait été reprise par un industriel allemand sous la marque Mia Electric avec une entrée au capital de 12% de la région Poitou-Charentes avant de passer en juin dernier aux mains d’un consortium d’investisseurs internationaux Focus Asia GmbH.

Edité par Yves Clarisse

 

Reuters par Claude Canellas

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