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LES BADAUDS DE LA MORT ou L’EFFROI ÉVÉNEMENTIEL : SAIT-ON ENCORE AVOIR PEUR ?

LES BADAUDS DE LA MORT ou L’EFFROI ÉVÉNEMENTIEL : SAIT-ON ENCORE AVOIR PEUR ?
GNADOU ATHYTHEAUD

UNE FAIBLE COMPRÉHENSION DU DANGER

LES IMAGES FILMÉS DU PAQUEBOT GÉANT MSC OPERA ACCOSTANT DE FORCE SUR LE PORT CITADIN VÉNITIEN, outre le choc provoqué par le possible danger de mort présenté par la situation, interroge sur un tout autre point, tout aussi crucial : La faible compréhension du danger en notre temps.

En effet, le paquebot ne représentait pas de menace apparente dans sa manœuvre visant à l’accostage, l’on ne peut tenir rigueur aux personnes qui l’attendaient sur les quais.

FASCINATION POUR LA CAUSE DE L’EFFROI ÉVÉNEMENTIEL

Néanmoins, lors de l’évènement en lui-même, que constitue l’accident de ce bateau dont le frein moteur coupé empêchant tout arrêt, il est remarquable d’observer la fuite désorganisée, le semblant de panique auquel succède la réelle frayeur, trop tardive. À laquelle se dispute une inconséquente et délétère fascination coupable pour la cause de l’effroi évènementiel.

Dans nos sociétés ou l’actualité, comme la culture, se déploie et se duplique à l’infini, ou l’image se vend à prix d’or et les témoignages s’interchangent, l’attrait pour l’effroi évènementiel serait-il la dernière tentative désespérée de l’homme moderne de se connecter au temps présent, et à cette part d’irrationnel dont il est dépossédé au profit de la technique utilitariste ?

Dans la société de spectacle ou nous vivons, ou tout semble n’être qu’apparence et subterfuge, et la planète la scène d’une succession de tours, l’évènement a une valeur.

Ne parle t-on pas même de shock value (valeur du choc) ?

Le spectateur entend donc « rentabiliser » au maximum le fait qu’il soit tenu au courant, informé de la sensationnelle actualité, et surtout le fait qu’il y assiste ou y est assisté, notamment par connaissance interposée.

N’a t-on pas, comble de l’attirance pour l’effroi événementiel, condamné une mythomane qui prétendait avoir été une survivante des terribles évènements du 15 novembre 2015 en France ?)

Le cercle de concernation des individus s’est au fil des âges étendu de leur propre personne à leurs proches, puis plus ou moins grandes communautés, pour finir par embrasser aujourd’hui le monde entier.

Mais ce qui fait que l’on voit le monde est cette avalanche d’images qui nous en parvient, comme des expériences que l’on n’y vit.

L’oeil humain est ainsi aujourd’hui accoutumé et demandeur d’images fortes, programmé pour rester bloqué sur ce que l’on voit, comme l’on est immobile, l’oeil fixe, face à toutes les informations qui nous parviennent de l’écran. Étrange société du zapping, ou en réalité l’esprit ne peut zapper de ce qui le frappe sur le coup.

Nos sociétés seraient ainsi formés à zapper, à cliquer à droite gauche pour tout voir, car il faut bien alimenter les plateformes.

Néanmoins nous sommes également formatés pour rester sur place lorsque arrive le big thing. Ce qui s’explique par le fait qu’en nous réside une chaîne de valeurs qui fera qu’il sera peu probable de zapper une chaîne d’information qui relate un attentat en direct ayant lieu dans le pays de résidence même, ou dans un pays faisant partie de notre cercle de concernation.

Le problème est que l’homme n’ayant qu’un seul cerveau, et les yeux les mêmes fonctions et réflexes que l’on lui connaît, une corruption du système de réflexion, de perception et de réaction dans un cadre de consommation informationnel aura le même effet dans le cadre d’un hiomme face à son écran que d’un homme dans la rue face à l’incendie.

Bien sûr, les effets d’une telle programmation continue seront amoindris par les dimensions supérieures à la deuxième induit par l’interposition de l’écran, entre ce qui est vu et ce qui voit, malgré que ceci se passe en direct. Ainsi que par la présence effective de la situation dangereuse, le ressenti, le sentiment de peur directe et donc d’urgence.

Tout cela est dicté par l’instinct.

Ce qui est en jeu est l’endormissement de ses fonctions instinctives.

Comme du saisissement direct par l’esprit de ce qui se passe et de ce qu’il faut faire pour ne pas en être victime ou pouvoir à son niveau en minimiser ou annihiler les effets, notamment par l’organisation, l’entraide et la facilitation de l’intervention des forces de l’ordre et de protection de la population.

Il semble que l’intérêt de l’œil de celui qui vit l’accident exceptionnel est plus celui de celui-ci qui se voit comme témoin et acteur passif d’un fait à portée universelle, s’interrogeant sur le « qu’en dira t’on dans le coin, dans les médias, dans le monde ? ».

Ce plus que celui de l’acteur d’un acte local particulier -puisque tout acte est local particulier et entend satisfaire un individu ou groupe singulier- qui entend non pas l’observer pour s’en souvenir et le relater, mais s’en échapper pour demeurer acteur actif e conscient, et non un accidenté, une victime, un énième chiffre sur un rapport.

Le figurant voudrait t-il se voir au centre du danger de la cascade pour intéresser les analystes de l’entertainment ?

Car ce qui fascine dans l’évènement effroyable sans explication directe pour le « spectateur direct », comme celui du bateau venant percuter les quais de Venise, c’est l’absence de compréhension de l’action. Que se passe t-il ? Pourquoi cela se passe t-il ?

Si les badauds de la mort avaient connaissance d’un quelconque motif de l’action, par exemple auraient t-ils été informés qu’un terroriste avait détourné le navire, qu’ils auraient pris sans demander leur compte les jambes à leur cou.

Tout comme des habitants d’une cité tenus au courant d’une possible manœuvre militaire y réagiront mieux qu’une population non informée qui ne saura quelle attitude adoptée face à l’acte exceptionnel, imprévu.

Face à l’évènement dangereux, comme celui évoqué dans l’article présent comme dans un autre, attentat, accident, catastrophe, il faut avoir des mécanismes rudimentaires de réaction et de survie, pour ne pas créer en cas de panique ou de manque de solution, un sur-évènement accidentogène, voire létalogène.

Comme les conducteurs de véhicules sont par le Code de la Route, des modules et formations spécifiques (par exemple celle d’aide et assistance aux victimes) formés à la vie dangereuse potentielle de la route, les habitants de tout territoire devrait à un certain stade bénéficier de formations, délivrés par l’État ou des offices triés sur le volet, en vue de leur préparation aux dangers pouvant arriver sur la place publique.

Bien entendu, les dites formations ne peuvent prévoir toutes les situations, comme l’examendu Code de la Route ne développe pas une anthologie de tous les évènement possibles sur la route.

Néanmoins, à défaut pour la formation offerte aux particuliers en ce qui concerne la Réaction face à l’Évènement, de prévoir dans son catalogue le cas d’un navire venant percuter un quai, elle aiguisera le sens du danger et de la perspicacité avant et pendant le trouble des citoyens.

Elle n’en fera des enfants démunis face à l’effroyable spectacle, qu’en lieu et place d’éviter, grand nombre auront la tentation de contempler.

Cela réduira considérablement le nombre de victimes potentielles d’un tel évènement, aidera fortement à l’aide des victimes potentielles par les usagers de la vie eux-même, comme cela est recommandé et même obligatoire en ce qui concerne la circulation routière.

Le travail des services d’intervention et de secours n’ont seront que moins problématique, et marqué par le drame et le sang.

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