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SYRIE : UNE GUERRE PEUT EN CACHER UNE AUTRE

SYRIE : UNE GUERRE PEUT EN CACHER UNE AUTRE
GNADOU ATHYTHEAUD

 

ALORS QUE LES FOCALES SE DÉTOURNENT DU BOURBIER SYRIEN, l’esprit ne sait comment appréhender cette guerre. Conflit de qui contre qui, pourquoi, avec qui, depuis quand, pour quel résultat ?

Comment nommer cette réalité ? Insurrection ? Contre-révolution ? Subversion ? Jeux d’alliances et d’intérêts ? Combats de principes ou d’adaptation au terrain ? Ne serait-ce la complexité de cette guerre d’être tout cela à la fois, et bien plus encore.

Car outre l’hécatombe provoqué dans la population syrienne, l’émoi engendré par les tueries multilatérales, c’est un défi géopolitique et démographique que soulève cette partie d’échecs se jouant sans repères, les damiers étant comme recouverts de sable, de poussière et de sang.

 

Le conflit syrien débute dans les années 2011-2012, mais ce qui fait sa ténacité, c’est bien les rapports étatiques anciens qu’ils dévoilent et renforcent. Le premier d’entre eux étant le lien unissant le régime syrien à la Russie de Vladimir Poutine.

Celui-ci, contrairement à ce qui est proclamé, n’est pas linéaire et ne repose pas sur la confiance, sentiment proscrit tant chez les Soviétiques de la Guerre Froide que chez les régimes précaires du Proche-Orient.

Cette communauté de destin russo-syrienne repose, et c’est le plus étonnant, sur une « obligation » de coopération dont les raisons ne sont pas les moins sibyllines, et plus curieux encore sur un réel lien d’attachement que tantôt Poutine peut changer en pression amicale, et que tantôt Al-Assad peut brusquer selon les exigences et échéances auxquelles sa nation fait face.

 

En 2000, Bachar Al-Assad, après son arrivée au pouvoir, tente un rapprochement avec l’Europe, en particulier avec la France du Président Jacques Chirac. L’échec de cette option conduit Al-Assad à se tourner vers l’autre bloc, en dehors des États-Unis et de l’Europe, à savoir la Nouvelle Russie construite par Poutine.

Précisons néanmoins que dans les années 1990 et ce jusqu’au début des années 2000, Damas a ignoré les requêtes russes concernant les rebelles tchètchènes qui ont fui en Syrie après avoir perpétré des attaques contre des civiles et des militaires russes.

Et rappelons que Poutine n’oublie pas que l’Égypte d’Anouar Al-Sadate a expulsé plusieurs milliers de conseillers russes de son territoire national pour marquer sa rupture avec l’URSS. Ainsi est-il réceptif au moindre bruissement réfractaire à l’entente continue avec son pays, et réfractaire au fait d’ignorer les anciens signaux contraires envoyés par tel ou tel entité.

 

Ainsi ne devons-nous être surpris du fait que malgré leur alliance, la Russie garde un oeil plus que vigilant sur l’avancée des opérations et qu’il considère la Syrie de Bachar Al-Assad comme lui étant doublement redevable.

Premièrement pour le soutien politique et militaire contre les adversaires déclarés ou pas que la Russie lui apporte. Deuxièmement pour le fait que la Russie n’ignore pas que la Syrie se réfère à lui presque par défaut.

Comme expliqué plus haut dans l’article, Bachar Al-Assad entendait tout d’abord être en bon terme avec l’Occident et plus particulièrement la France connaisseuse des dossiers du Moyen-Orient et non dépourvu de pouvoir d’influence régionale (comme c’était précisément le cas au Liban par exemple).

La Russie est donc pour la Syrie, non pas tout à fait une roue de secours, mais semble au premier abord un allié par nécessité.

 

C’est ce que la Syrie entend pallier comme sentiment. Sentiment que l’existence d’un tandem russo-iranien à l’intérieur de ce conflit et en dehors rappelle avec force impériosité. Le degré d’intelligence mutuelle entre les différents états et organisations belligérantes n’est pas aisé à appréhender pour le premier venu.

Qui déteste qui ? Avec qui marche qui ? Les ennemis de mes ennemis sont-ils vraiment mes amis ? Les ennemis le sont-ils vraiment ? Et si amitié il y’a, sur quoi réside t’elle et à t’elle vraiment cité, ou même lieu d’être ?

Nous allons creuser la question en abordant premièrement le nœud e la coalition russo-irano-syrienne, à savoir l’alliance de la Russie et de l’Iran, dans l’article évoquant leur histoire commune et les fondement de leurs politiques locales, intitulé L’ÉQUATION RUSSO-IRANNIENNE.

 

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