À vous de juger

SYRIE : L’ÉQUATION RUSSO-IRANIENNE

SYRIE : L’ÉQUATION RUSSO-IRANIENNE
GNADOU ATHYTHEAUD

 

LE CONFLIT SYRIEN N’EST PAS L’APANAGE EXCLUSIVE DE LA SYRIE, et si le besoin d’en connaître les modalités, les intérêts et les tenants et aboutissants se fait sentir, il est plus que salutaire d’examiner les parties prenantes, leur parcours personnel et commun.

Dans l’article SYRIE : UNE GUERRE PEUT EN CACHER UNE AUTRE, il est mis en évidence le rôle décisif de la paire formée par la Fédération de Russie et la République Islamique d’Iran, aux côtés de la République arabe syrienne dirigée par Bachar Al-Assad.

L’explication de la configuration actuelle de ce conflit oblige à se référencer à l’ensemble des déplacements que les pions ont effectués, et les plans que les maîtres ont confrontés à la réalité du terrain, et au temps long de la politique.

L’ÉQUATION RUSSO-IRANIENNE

Du début du XIXe siècle au début du XXe siècle, la Grande-Bretagne et la Russie se partagent l’Iran, tant sur le plan politique qu’économique, les deux aspect étant liés en terme de puissance.

Malgré l’écrasement du mouvement révolutionnaire iranien par Reza Chah Pahlavi dans la province du Guilam, l’Iran et la Russie signe un traité le 26 février 1921.

Toutes les concessions et conventions qui liaient l’Iran à l’Empire russe sont annulés. Ainsi s’effectue le transfert sans aucune contrepartie de toutes les propriétés et avoirs russes détenues en Iran au gouvernement perse.  Les biens reversés à l’Iran par les Bolchéviques succédant au gouvernement tsariste atteignent alors la valeur de six-cent millions de roubles-or !

Cependant, l’art de la politique étant celui du juste équilibre, les articles V et VI de ce traité établit le droit de l’URSS d’envahir l’Iran en cas d’utilisation du territoire iranien par une puissance menaçant la sécurité de l’URSS.

 

Le 25 août 1941, l’URSS et le Royaume-Uni lancent des opérations militaires contre l’Iran sous prétexte que l’Iran refuse d’expulser, en ce contexte de conflit mondial, des citoyens allemands.

Le véritable motif de cette invasion anglo-soviétique de l’Iran étant la peur que l’Iran rentre dans l’Axe germano-italo-nippon, mais aussi la volonté de protéger les gisements de l’Anglo-Iranian Oil Company qui n’a d’iranien que le nom, le capital et la gestion étant un pied à terre britannique. La troisième raison implicite étant la sécurisation du corridor perse pour le transit du matériel militaire américain vers l’URSS.

 

Dans le nord de l’Iran après la Seconde Guerre mondiale, la Russie favorise la création du gouvernement populaire d’Azerbaïdjan et la République de Mahabad dans le Kurdistan iranien.

Vu les antécédents hégémoniques de la Russie du XIXe siècle et de la première moitié du XXe siècle en Iran, et de l’interventionnisme britannique dans la région qui faisaient parti de la bataille géostratégie nommée Grand jeu, il est aisé de comprendre que de ceci en découla une Iran politiquement faible, économiquement contrôlé et structurellement corrompu par le sommet et les ramifications.

Il en est de même qu’un sentiment de révolte allait inévitablement poindre et jaillir comme un ressort maintenu par la plus forte des pression, et surtout qu’elle allait amener l’Iran à développer une faculté d’adaptation et de résilience éprouvé, que d’aucuns pourrait mettre sur le compte d’une duplicité permanente dénoncée par leurs détracteurs, russes en première ligne.

 

Il est certain que les relations de la Russie et de l’Iran n’ont pas été toujours unilatérales, et qu’elles se sont toujours faite en rapport avec les intérêts russes, la spécificité des retournements politiques iraniens qui amènent des ajustement de jeux de billards à plusieurs bandes, mais aussi les vues géostratégiques d’autres puissances.

Analysons donc, après cette rétrospective nécessaire sur l’histoire commune russo-irano-britannique qui fait partie des fondamentaux de la géopolitique locale moderne, la partie d’échec que les Russes et les Iraniens ont pu jouer l’un contre l’autre, et le jeu de cartes qu’ils seront amenés à jouer en tandem en Syrie et sur le plan international.

À cette fin, nous poursuivrons notre étude dans l’article l’ÉQUATION RUSSO-IRANIENNE (Seconde Partie).

 

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