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Tacloban, ville dévastée par le typhon aux Philippines

En état de choc après le passage meurtrier du typhon Haiyan, les habitants de la ville philippine de Tacloban comptaient dimanche leurs morts et leurs disparus, dans un paysage de maisons fracassées, de carcasses d"automobiles et d"arbres déracinés. Deux jours après l"arrivée aux Philippines de l"un des plus puissants cyclones jamais enregistrés, Tacloban, capitale de la province de Leyte, enregistre le plus lourd bilan du pays, avec près de 10.000 morts. /Photo prise le 10 novembre 2013/ REUTERS/Romeo Ranoco
Tacloban, ville dévastée par le typhon aux Philippines

TACLOBAN, Philippines (Reuters) – En état de choc après le passage meurtrier du typhon Haiyan, les habitants de la ville philippine de Tacloban comptaient dimanche leurs morts et leurs disparus, dans un paysage de maisons fracassées, de carcasses d’automobiles et d’arbres déracinés.

Deux jours après l’arrivée aux Philippines de l’un des plus puissants cyclones jamais enregistrés, Tacloban, capitale de la province de Leyte, à environ 580 kilomètres au sud-est de Manille, enregistre le plus lourd bilan du pays, avec près de 10.000 tués dans la seule ville de 220.000 habitants.

Dans les rues, des files de survivants se sont formées dans l’attente de distributions de riz et d’eau. Certains restent assis le regard vide, et couvrent leurs visages de chiffons afin d’échapper à l’odeur des cadavres.

Tandis que l’occupant d’une caravane détruite tente de faire la vaisselle au milieu de cadavres abandonnés, des hommes, des femmes et des enfants cherchent leurs proches et leurs biens dans les débris de maisons en bois.

« Là, je n’arrive pas à réfléchir », dit une femme, enceinte du huit mois, qui a vu disparaître les 11 membres de sa famille dans la tempête. « Je suis accablée. »

À l’aéroport, de nombreux habitants, qui ont marché trois heures depuis la ville, attendent dans la boue et espèrent être évacués par des avions militaires, alors que les routes, jonchées de débris et d’arbres, sont impraticables.

« MES HOMMES EMPORTÉS UN À UN »

Chaque vol ne peut transporter que 110 personnes, et la priorité est donnée aux personnes âgées, aux malades et aux enfants. Deux soldats portent ainsi un homme qui ne peut plus marcher.

Le lieutenant-colonel Fermin Carangan, membre de l’armée de l’air, se remémore le temps passé dans l’aéroport avec 41 autres militaires à essayer de survivre au typhon, dont les vents ont atteint une vitesse de 313 kilomètres par heure, avec des pointes jusqu’à 378 km/h.

« D’un seul coup, la mer et les vagues ont détruit les murs et j’ai vu mes hommes emportés un à un par les eaux », raconte-t-il.

Alors que deux militaires ont été tués et cinq sont portés disparus, le lieutenant-colonel, lui-même emporté, a survécu en se tenant à un cocotier en compagnie d’un enfant de sept ans.

« Lors des cinq heures qui ont suivi, nous étions environnés par la mer et ballotés par les vents et les pluies torrentielles », dit-il. « Il faisait si sombre que l’on ne pouvait rien voir. Je n’ai pas cessé de parler au garçon et de lui remonter le moral, car il me disait qu’il était fatigué et voulait dormir. »

« Je crois qu’il m’a sauvé la vie car j’ai trouvé la force nécessaire pour qu’il survive. »

Julien Dury pour le service français

 

Reuters par Manuel Mogato et Roli Ng

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