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LIBAN : L’ART AU DELÀ DES LIMBES

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L’architecte français Jean-Marc Bonfils périt dans l’explosion de Beyrouth

DISPARITION – Il tournait l’incendie en direct, depuis son appartement dans l’une des tours qu’il avait signées, quand le souffle de l’explosion l’a mortellement blessé. De renommée internationale, il travaillait à transformer sa ville natale.Par Le FigaroPublié le 6 août 2020 à 12:56, mis à jour le 6 août 2020 à 13:15

Après une dizaine d'années passées en France, Jean-Marc Bonfils a ouvert un cabinet d'architecture à Beyrouth où il vivait dans l'une de ses créations, la tour East Village, soufflée par l'explosion.
Après une dizaine d’années passées en France, Jean-Marc Bonfils a ouvert un cabinet d’architecture à Beyrouth où il vivait dans l’une de ses créations, la tour East Village, soufflée par l’explosion. J.M.BONFILS ARCHITECTS

Il s’en est allé avec une partie de son œuvre, dans sa ville de cœur, Beyrouth. L’architecte Jean-Marc Bonfils était dans son appartement, au sein d’un immeuble qu’il avait conçu lui-même et pour lequel il avait reçu un prix international, quand est survenue une première détonation, mardi soir. Le quotidien L’Orient-Le Jour raconte qu’il filmait l’incendie des magasins du port en direct sur Facebook lorsqu’il a été emporté par la deuxième déflagration.

Ghassan Hajjar, l’un de ses amis libanais, raconte sur LCI comment il est parti à la recherche de l’architecte dans la tour East Village, rue Armenia, dans le quartier Mar Mikhaël, l’un des plus en vue de la capitale mais aussi l’un des plus proches du port et du cœur de l’explosion. «C’était le chaos total dans l’immeuble, l’eau était partout dans les escaliers. Les portes coupe-feu étaient explosées», relate-t-il. Les secours retrouvent Jean-Marc Bonfils dans sa cuisine, sous des amas de meubles et de débris, vivant selon des témoins. Transféré aux urgences de l’hôpital américain où son décès sera constaté quelques heures plus tard. Ghassan Hajjar le décrit comme «une belle âme, un homme brillant, un architecte de renom au Liban».À LIRE AUSSI : Explosions à Beyrouth: un nouveau bilan fait état d’au moins 137 morts et 5000 blessés

Né à Beyrouth en 1963, fils d’un architecte, Jean-Marc Bonfils part étudier en France où il est diplômé de l’École d’architecture Paris-Villemin en 1987. Très attaché à la notion de patrimoine, il étudie également l’histoire de l’art à l’École du Louvre. Il travaille pendant une dizaine d’années dans la capitale française avant de remporter un concours international d’architecture qui le ramène dans son pays natal en 1995. En France, il a participé à de grands projets de développement comme Greenpark, plus grand «Golfe-Estate» européen, comprenant trois golfs, deux hôtels et 900 maisons individuelles.

Beyrouth, sa bien-aimée

Beyrouth est «une ville de paradoxes et de paradigmes, de différentes réalités qui se rencontrent et se séparent. Il est important de le voir quand on s’attelle à la construction d’un bâtiment ici», écrivait Jean-Marc Bonfils dans l’Architecture d’aujourd’hui. Guidé par une approche philosophique de son métier, il avait pris part à des projets de restauration de bâtiments détruits par la guerre et était marqué par l’expérience de «la force du vide» inhérente à ces espaces démolis. L’homme choisissait des projets qui avaient du sens.

Parmi ses réalisations qui ont transformé la ville : l’aménagement paysager du district central de la capitale côtière ou la Bibliothèque nationale du Liban.

Son «East Village», réinterprétation contemporaine de l’architecture libanaise traditionnelle, est l’un des immeubles les plus huppés du quartier Mar Mikhaël, «cœur battant» de la capitale libanaise. Admiré par les touristes et les locaux qui ne manquent pas de le photographier, il offre un bel aperçu de son travail en raison de l’étroitesse du site et du design du bâtiment en bois, décoré d’un jardin vertical.

L'«East Village», est l'un de ses immeubles les plus spectaculaires. Il y mêle architecture contemporaine et traditionnelle.
L’«East Village», est l’un de ses immeubles les plus spectaculaires. Il y mêle architecture contemporaine et traditionnelle. Capture Instagram Jean-Marc Bonfils

«Je suis un architecte résolument contemporain, mais je me place à la rencontre entre le moderne et l’ancestral. On peut être un moderniste convaincu en prenant en compte le passé et le présent d’un lieu», explique-t-il dans une interview pour l’Agenda Culturel. C’est également à Beyrouth qu’il transmet sa passion pour l’architecture en tant qu’enseignant à l’Académie Libanaise des Beaux-Arts mais aussi à l’Université américaine de Beyrouth.

La ministre de la Culture Roselyne Bachelot a rendu hommage à cet artiste, imprégné de deux cultures, sur Twitter, indiquant que «La France et le Liban sont unis dans le chagrin de sa mort.»

Pour les professionnels, passionnés ou curieux de l’Architecture, voici la Présentation du Projet de la Tour East Village par le Cabinet J.M. BONFILS AND ASSOCIATES sur le Site partenaire ArchDaily.

Source : Le Figaro, ArchDAily, K1FO

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