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TRUMP : Fermer cette frontière que je (ne) veux voir

TRUMP : Fermer cette frontière que je (ne) veux voir
GNADOU ATHYTHEAUD

L’AMÉRIQUE POST-AMÉRINDIENNE EST LE FRUIT DE TOUTES LES ESPÉRANCES. Pourtant, sa plus grande réussite est d’être devenu la mère de tous les espoirs, de toutes les luttes, des projets parmi les plus novateurs.

À la croisée des chemins, entre griserie et amertume, buildings et ranchs, patriotisme et libertarianisme, les États-Unis ne nient ni l’un par l’autre. Les extrêmes triomphent de concert, dans un statut quo perçu de tous les points de vue comme manichéen, cet équilibre définissant la marche du monde. Faire marcher le monde, soit.

Mais pas jusque ses frontières. « Les États-Unis n’ont pas vocation à être les gendarmes du monde ». La sentence du Président des USA Donald Trump est une manière d’exfiltrer l’interventionnisme de son armée, de l’unilatéralisme de sa politique.

En témoigne sa décision de désengager les États-Unis de la guerre en Syrie (voir l’article Syrie, une guerre peut en cacher une autre) et partiellement de l’Afghanistan.

Ne pas être les gendarmes du monde, ce serait pour les États-Unis un pas de côté monumental, que ne pourrait que palier son soft power de premier ordre et l’action parallèle de ses officines, entreprises et personnalités. Ne plus être les gendarmes du monde, pour mieux recentrer sa politique sécuritaire sur le territoire américain, plus particulièrement contre la délinquance, le crime organisé et l’immigration illégale.

Ne plus être les gendarmes du monde, comme le versant extérieur de sa politique globale dont le versant intérieur correspondrait, pour citer l’ancien Premier Ministre français Michel Rocard, à ne pas « accueillir toute la misère du monde » ni « en prendre sa part ».

Le quadrillage mental du territoire emmène donc sur ce qu’il contient, mais aussi sur ce qui le délimite, à savoir ses frontières.

Autant le mutisme trumpien à l’égard de la frontière nord pourrait faussement laissé penser que le rêve américain ne remplit pas sa tache de pourvoyeur de candidats à l’expatriation chez les voisins canadiens, autant sa détermination à s’afficher irréductible contre les mouvements migratoires venus du sud n’est pas de trop pour convaincre de l’immensité du défi démographique poser par les allers sans retour d’individus qui n’ont d’américains que le continent, la dénomination étant dévolu à leurs confrères de la bannière étoilée.

Ne plus être les gendarmes du monde donc, sauf à la frontière américano-mexicaine, qui n’est pas la dernière des préoccupations médiatisées du quarante-cinquième président américain. Aux prémices de sa candidature aux primaires républicaines des élections présidentielles US de 2016 déjà, il avait fait de l’édification d’un mur tout au long de la frontière États-Unis -Mexique une promesse qui n’engageait non pas seulement ceux qui l’écoutent, ni même les Mexicains tentés de franchir le Rubicon, mais un entremêlement dense et diffus de destins liés, partant d’une grande partie de l’Amérique dite latine. Et englobant une multitude de destins en Amérique, complexifiant si besoin, le traitement de la question.

Destins en Amérique aux profils et positions variée, allant du travailleur clandestin à la famille décomposé, en passant par l’ouvrier américain concurrencé par une main d’œuvre moins chère  et plus souple.

Depuis le 21 décembre, le président Trump refuse de signer les lois de financement des administrations fédérales américaines, pour exercer une pression sur les parlementaires démocrates refusant de financer « son mur » à la frontière mexicaine. De surcroit, le président américain menace de fermer la frontière américaine avec le Mexique en représailles à leur opposition à la création du mur susnommé. En somme, il menace de fermer la frontière si on ne le laisse pas fermer cette frontière.

La question qui se pose est pourquoi faire un mur si il peut fermer  la frontière, comme il menace de le faire.

Le cas posé montre d’une part que la construction en l’état du mur est impossible voire inenvisagée réellement. Néanmoins, son évocation permet au président Trump de garder la frange souche de son électorat, tout en remettant carte sur table avec toutes les administrations du gouvernement américain alors même que le versant politique du pouvoir américain devient instable, avec l’élection de la démocrate Nancy Pelosi à la tête de la Chambre des Représentants par exemple.

Cela permettra de réellement pesé sur l’inclination peu certaine des parlementaires républicains comme démocrates à épouser sa ligne unilatérale et « territorialiste », c’est à dire basé sur la gestion de la valeur US exemptée de ses obligations internationales non impératives et de la « prévenance » afférente à toute superpuissance.

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