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Moscou propose réforme constitutionnelle et élections en Syrie

Bachar al Assad reçu par Vladimir Poutine au Kremlin, en octobre dernier. Moscou souhaite que l'opposition et le gouvernement syriens s'entendent sur le lancement d'un processus de réforme constitutionnelle qui pourrait prendre jusqu'à 18 mois et déboucherait sur une élection présidentielle anticipée, selon un document consulté mardi par Reuters. /Photo prise le 20 octobre 2015/REUTERS/Alexei Druzhinin/RIA Novosti/Kremlin
Moscou propose réforme constitutionnelle et élections en Syrie
K1fo

(Reuters) – La Russie souhaite que l’opposition et le gouvernement syriens s’entendent sur le lancement d’un processus de réforme constitutionnelle qui pourrait prendre jusqu’à 18 mois et déboucherait sur une élection présidentielle anticipée, lit-on dans un document consulté mardi par Reuters.

Le texte en huit points, élaboré par Moscou en vue de la seconde session de négociations sur la Syrie en fin de semaine à Vienne, n’exclut pas que Bachar al Assad soit candidat à l’élection présidentielle, bien que son départ soit considéré par les pays occidentaux et arabes comme une condition de la paix.

« Le président de la Syrie élu par le peuple aura la fonction de commandant en chef des forces armées, le contrôle des services spéciaux et de la politique étrangère », lit-on dans le document de travail.

Le texte russe propose que les Syriens s’entendent sur les étapes du processus de réforme constitutionnelle lors d’une conférence organisée par les Nations unies et précise que ce processus ne doit pas être dirigé par Bachar al Assad, mais par une personnalité faisant consensus.

A Moscou, le vice-ministre des Affaires étrangères, Mikhaïl Bogdanov, qui s’est entretenu mardi du dossier syrien avec son homologue iranien Hossein Amir-Abdollahian, a nié l’existence d’un tel document de travail, parlant de « simples idées en vue de prochaines discussions », selon l’agence Tass.

Après avoir initialement refusé de faire une distinction entre adversaires du président syrien, à l’instar de Damas qui les qualifient tous de « terroristes », la Russie a fait montre de davantage de flexibilité depuis le début de son offensive militaire en Syrie pour tenter de faire émerger une solution diplomatique.

« DÉLÉGATION UNIFIÉE » DE L’OPPOSITION

Lors de la première session de négociations à Vienne le mois dernier, les représentants russes ont échangé avec l’Arabie saoudite, un des principaux soutiens des rebelles syriens, une liste comportant les noms de 38 opposants jugés acceptables.

La semaine dernière, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a insisté pour que le tri entre groupes « terroristes » et mouvements d’opposition « légitimes » soit fait avant la reprise des négociations, une demande qu’il a réitérée mardi.

Le document dont Reuters a eu connaissance prévoit que l’opposition constitue une « délégation unifiée » dont la composition aura été au préalable approuvée.

Les opposants admis aux négociations doivent « partager l’objectif d’empêcher les terroristes de prendre le pouvoir en Syrie, de garantir la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’indépendance politique de la Syrie, ainsi que le caractère laïque et démocratique de l’Etat », dit le texte.

Des diplomates occidentaux ont déclaré à Reuters qu’il serait difficile pour les pays hostiles au maintien au pouvoir de Bachar al Assad d’accepter les propositions russes en l’état.

« Le document ne convient pas à beaucoup de monde », a dit un diplomate, précisant que les pays en désaccord avec la ligne russe feraient en sorte que ces idées ne constituent pas la base des négociations.

Outre la réforme constitutionnelle et l’élection anticipée — le mandat de Bachar al Assad expire normalement en 2021 –, le texte propose un cessez-le-feu, « à l’exception des opérations contre l’EIIL (Etat islamique) et les autres groupes terroristes ».

Cette terminologie ne satisfait pas les Occidentaux, qui estiment que Moscou veut y inclure tous les mouvements rebelles, comme le fait Damas, et non les seuls groupes djihadistes, comme l’Etat islamique et le Front al Nosra, lié à Al Qaïda.

(Edité par Tangi Salaün)

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