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Michelle Bachelet retrouve la présidence au Chili

Michelle Bachelet arrive au palais présidentiel de la Moneda, à Santiago, peu après avoir prêté serment le 11 mars. (Photo Ivan Alvarado. Reuters)
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SANTIAGO (Reuters) – Michelle Bachelet a été largement et sans surprise réélue dimanche à la présidence du Chili et sa victoire écrasante devrait lui permettre de mettre en chantier les vastes réformes promises, notamment en matière d’accès à l’éducation.

Appréciée par ses compatriotes pour son style chaleureux, la candidate de centre gauche, qui a déjà présidé le Chili de 2006 à 2010, a recueilli environ 62% des suffrages, soit le meilleur score obtenu par un candidat à la présidentielle depuis le retour à un système démocratique en 1989.

Evelyn Matthei, sa rivale de la coalition conservatrice sortante Alianza, a reconnu sa défaite après n’avoir obtenu que 38% des voix, la plus mauvaise performance de la droite depuis deux décennies.

Grande favorite du scrutin avant même d’avoir annoncé sa candidature, Michelle Bachelet s’efforcera de capitaliser sur sa victoire éclatante pour tenter de réduire les inégalités sociales persistantes au Chili malgré la vigoureuse croissance économique du pays due, notamment, à son statut de premier exportateur mondial de cuivre.

Pédiatre de formation, elle s’est engagée à mettre en oeuvre 50 réformes lors de ses cent premiers jours au pouvoir à partir de son investiture en mars pour un mandat de quatre ans.

« Aujourd’hui, nous entrons dans une nouvelle ère (…) Le Chili a décidé que le moment était venu de lancer une profonde transformation », a-t-elle dit à la foule de ses partisans réunis par une chaude soirée d’été aux abords du palais présidentiel de La Moneda.

Michelle Bachelet, à qui la Constitution interdisait de briguer un deuxième mandat consécutif en 2010 malgré sa forte popularité, est revenue à la vie politique chilienne après avoir dirigé Onu-Femmes, l’organisme des Nations unies pour l’égalité des sexes.

Au cours de sa campagne, elle a promis de réduire les inégalités et de réformer le système éducatif en y instaurant davantage de gratuité. Pour financer cette mesure, elle propose de porter l’impôt sur les bénéfices des sociétés de 20 à 25% et de supprimer des dispositifs d’optimisation fiscale.

SÉRIEUX BUDGÉTAIRE

Michelle Bachelet s’est toutefois engagée à maintenir le sérieux budgétaire qui caractérise le Chili depuis le début des années 1990. Son approche pragmatique et libérale dans le domaine économique la rapproche davantage de son homologue brésilienne Dilma Rousseff que des dirigeants du Venezuela ou de l’Argentine au sein de la gauche latino-américaine.

« Il y a deux choses dont on sait qu’elles ne changent pas au Chili », souligne le politologue Patricio Navia. « La première, c’est que nous avons toujours des séismes. L’autre, c’est que depuis 1990, les gouvernements sont sérieux sur le plan budgétaire. »

Le Chili, dont l’économie croît à un rythme annuel supérieur à 5%, connaît un développement spectaculaire depuis vingt ans qui a permis des avancées considérables sur la voie d’une éradication de l’extrême pauvreté, mais les inégalités persistent parmi ses 16,6 millions d’habitants. Elles furent au coeur du mouvement de contestation étudiante de 2011.

Michelle Bachelet a, par ailleurs, annoncé son intention de réformer la Constitution héritée de la dictature du général Augusto Pinochet (1973-1990) et de dépénaliser l’avortement en cas de viol ou de danger pour la santé de la mère ou de l’enfant à naître.

La mise en oeuvre de ces projets dépendra en grande partie du rapport des forces au Congrès. Sa Nueva Mayoria (nouvelle majorité) a remporté les législatives qui se sont déroulées en même temps que le premier tour, sans toutefois atteindre la majorité absolue.

Or, si la majorité simple suffit à modifier la fiscalité, une majorité qualifiée est en revanche requise pour réformer l’éducation et le code électoral.

Evelyn Matthei, ex-ministre du Travail âgée de 60 ans, a pâti à la fois des liens passés entre sa famille et la junte d’Augusto Pinochet, son père étant général, et de la faible popularité du pouvoir conservateur sortant représenté par le président Sebastian Pinera.

Avec Fabian Cambero et Anthony Esposito; Henri-Pierre André, Jean-Loup Fiévet et Bertrand Boucey pour le service français

 

Source : Reuters par Alexandra Ulmer et Rosalba O’Brien

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