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Lettre à LACUB Marcela

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Lettre à LACUB MarcelaBelle et bête… Marcela et DSK ? Le dernier livre de la juriste et chercheuse Marcela Iacub, racontant sa liaison de quelques mois avec l’ancien directeur du FMI, n’est pas encore sorti qu’il suscite depuis plusieurs jours déjà, polémiques et critiques. Dominique Strauss-Kahn vient d’en demander la saisie. Hélène Fresnel, journaliste à Psychologies magazine, a pu le lire avant sa parution. Et a spontanément eu envie d’écrire une lettre à Marcela Iacub.

Hélène Fresnel

Chère Marcela Iacub,

Par la grâce d’un ami, votre récit est tombé entre mes mains ce week-end. J’avais très envie de vous lire, un peu à cause de la pluie d’articles qui ont entouré la sortie de votre texte, un peu à cause de cette liaison avec Dominique Strauss-Kahn que vous vous efforcez de disséquer et de comprendre.  Beaucoup à cause d’une chronique que vous aviez écrite dans Libération sur Michel Onfray, une chronique intitulée « So Sade », qui prenait hardiment, brillamment, intelligemment position et que j’avais trouvée remarquable.

Ce dimanche, donc, j’ai lu Belle et Bête d’une traite, une petite chatte ronronnant contre moi. Ce récit sur lequel tout le monde glose et qui ne sera peut-être pas distribué, je l’ai dévoré très vite de la première à la dernière page. Bien sûr, j’ai trouvé votre héroïne un peu prétentieuse : se comparer à une sainte décidée à défendre le bouc émissaire d’une société hypocrite, tout de même ! Bien sûr, vous hésitez entre l’essai et la fiction et cela laisse au lecteur une sensation légèrement bancale.

Mais il y a le reste. Un style, un rythme, des images. Une réflexion solide, argumentée autour du pouvoir subversif de la sexualité, des pulsions humaines. Une défense et illustration de la puissance du « ça » freudien. Des questions qui hantent et auxquelles aucune des analyses que vous proposez n’offrent d’explication suffisante mais vous cherchez, vous cherchez : Comment une belle femme seule, subtile et avertie succombe-t-elle aux charmes d’un gros dégueulasse ?  Comment expliquer que l’on puisse aimer un porc qui ne se lasse pas de vous souiller ? « Mais depuis quand est-ce que connaître les turpitudes de l’homme que l’on aime, devrait permettre au sentiment de disparaître ? Vous rêvez là ! » m’avait un jour hurlé, un psychanalyste exaspéré.

Chère Marcela, je ne sais pas de quelle atrocité la métaphore de votre oreille dévorée par votre cochon d’amant est le nom. En vous lisant, je me suis souvenue de cette phrase de Georges Bataille dans Histoire de l’œil : « La débauche que je connais souille non seulement mon corps et mes pensées mais tout ce que j’imagine devant elle et surtout l’univers étoilé… »

Bien à vous,

Hélène Fresnel

Belle et bête – Stock – A paraître le 27 février 2013

 

Source : Psychologies

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