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L’Albanie refuse de détruire les armes chimiques syriennes

L'Albanie refuse d'accueillir sur son sol les opérations de destruction des armes chimiques syriennes, comme les Etats-Unis le lui avaient demandé. Vendredi, comme la veille, des centaines de manifestants se sont rassemblés à Tirana pour dire leur opposition à la destruction de ces armes chimiques sur le sol albanais. /Photo prise le 15 novembre 2013/REUTERS/Arben Celi
L’Albanie refuse de détruire les armes chimiques syriennes
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TIRANA (Reuters) – L’Albanie a annoncé vendredi qu’elle n’accueillerait pas sur son sol les opérations de destruction des armes chimiques syriennes, comme les Etats-Unis le lui avaient demandé, après une série de manifestations populaires hostiles à ce projet.

Après le refus albanais, l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) a adopté vendredi soir un plan qui fixe une série d’étapes dans le processus de destruction, sans préciser le pays dans lequel se fera l’opération ni les mesures de sécurité décidées.

Le 15 novembre avait été fixé comme date limite pour rendre publics les moyens de se débarrasser de 1.300 tonnes de gaz de combat – gaz sarin, gaz moutarde et autres agents innervants – de l’arsenal syrien.

« Il est impossible pour l’Albanie de s’impliquer dans cette opération », a déclaré le Premier ministre Edi Rama dans une allocution télévisée. « Nous ne disposons pas des capacités nécessaires. »

Le démantèlement de l’arsenal syrien est la conséquence d’un accord conclu en septembre entre la Russie, alliée du régime de Bachar al Assad, et les Etats-Unis à la suite d’une attaque chimique dans les faubourgs de Damas le 21 août dernier, qui a fait plus d’un millier de morts selon Washington.

Le plan adopté par l’OIAC vendredi soir prévoit le transfert hors de Syrie d’ici au 31 décembre 2013 des armes chimiques jugées les plus « critiques ». Le reste de l’arsenal, à l’exception de l’isopropranol, un des deux ingrédients clés du sarin, devra être évacué de Syrie au plus tard le 5 février 2014.

Les sites syriens d’armes chimiques seront progressivement détruits entre le 15 décembre 2013 et le 15 mars 2014, tandis que la destruction des armes chimiques prioritaires sera achevée hors de Syrie d’ici le 31 mars 2014. Tous les autres matériaux chimiques déclarés seront éliminés d’ici au 30 juin 2014.

FEUILLE DE ROUTE

« Le plan fournit une feuille de route claire. Il fixe des étapes ambitieuses pour le gouvernement », a déclaré le directeur général de l’OIAC Ahmet Uzumcu dans un communiqué.

« Cette prochaine phase sera la plus difficile et son exécution en temps et en heure nécessitera l’existence d’un environnement sécurisé pour la vérification et le transport des armes chimiques », a-t-il ajouté.

Les Etats-Unis ont dit respecter la décision de l’Albanie, tout en se disant confiants dans le respect du calendrier fixé pour l’OIAC.

« Les Etats-Unis vont continuer de travailler avec leurs alliés et partenaires ainsi qu’avec l’OIAC et les Nations unies pour garantir l’élimination du programme d’armement chimique de la Syrie », a réagi l’ambassade américaine à Tirana.

Washington espérait obtenir l’accord des autorités de Tirana, qui s’étaient débarrassées en 2007 de leur propre stock hérité de l’époque communiste, mais cette idée a suscité de vives réticences en Albanie, pays membre de l’Otan et fidèle allié des Etats-Unis.

Le Premier ministre albanais avait dans un premier temps paru favorable à la demande américaine, soulignant qu’elle était assortie d’une compensation financière dont le pays avait besoin. Il a finalement changé d’avis en raison de l’opposition croissante d’une partie de la population.

Vendredi, comme la veille, des centaines de manifestants se sont rassemblés à Tirana pour dire leur opposition à la destruction de ces armes chimiques sur le sol albanais.

Les opposants au projet ont fait valoir que les Occidentaux exploitaient la faiblesse des pays pauvres des Balkans et a avaient fait miroiter à l’Albanie la perspective d’une entrée dans l’Union européenne qu’elle appelle de ses voeux.

Avec Louis Charbonneau à l’Onu; Guy Kerivel, Bertrand Boucey et Danielle Rouquié pour le service français

 

Reuters par Benet Koleka et Anthony Deutsch

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