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Côte d’Ivoire – Scènes de chaos à Abidjan

Côte d’Ivoire – Scènes de chaos à Abidjan
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Jeudi 14 avril, des équipes de la Croix Rouge portant des gants et bottes en plastique à Abidjan ont ramassé à la pelle des corps carbonisés pour les insérer dans des grands sacs blancs. Les travailleurs de la Croix rouge ont la mission macabre de nettoyer les rues des cadavres qui sont entassés dans un minibus.

Kodjo, un chef d’équipe de la Croix Rouge, explique qu’ils reçoivent les indications à partir d’un centre d’appel.

«Nous enregistrons tout ce que nous pouvons : le lieu, l’heure et l’apparence du corps dans l’espoir d’une identification ultérieure.»

De leurs côtés, les Casques bleus ont collecté des armes cachées dans des caves et les balancent des camions bennes.

Il y a trois types de véhicules patrouillant dans les rues d’Abidjan: des jeeps et camions de couleur blanche des Nations unies, tanks couleur vert camouflage de l’armée française et les véhicules de bric et de broc des groupes disparates de combattants qui ont combattu pour installer Ouattara au pouvoir.

Les Nations unies se chargent surtout des caches d’armes, les Français de la protection et de l’évacuation des étrangers. Quant aux forces pro-Ouattara, elles jouent des coudes entre elles pour le territoire, s’accusent l’une et l’autre de pillage, et revêtent le manteau de l’autorité qu’elles ont gagné si durement.

Sidiki Bakaba, blessé et témoin de l’assaut sur la résidence de Gbagbo

Sidiki Bakaba, l’acteur et réalisateur ivoirien resté jusqu’au bout dans la résidence présidentielle de Cocody avec Laurent Gbagbo, est sain et sauf. Alors que les rumeurs courent à Paris et Abidjan, SlateAfrique tient de source sûre que Sidiki Bakaba, 62 ans, est en vie. Il a été blessé la veille de l’arrestation de Laurent Gbagbo, alors qu’il était occupé à filmer l’assaut final livré contre la résidence. L’ancien directeur du Palais de la culture est soigné et se trouve en sécurité. Son nom ne figure pas dans la liste des 107 personnes membres de l’entourage de Laurent Gbagbo, publiée hier par Libération. C’est que cette liste n’est pas si exhaustive: en fait, plus de 200 personnes se trouvaient autour de Laurent Gbagbo jusqu’à son arrestation, le 11 avril.

Le quotidien satirique Gris Gris International a diffusé le 10 avril 2011 une vidéo du cinéaste Sidiki Bakaba blessé.

La lourde tâche d’Alassane Ouattara

Deux experts interrogés sur le vide sécuritaire et la poursuite des violences par des groupes armés soulignent l’ampleur de la tâche de pacification, de réconciliation mais aussi d’enquête sur tous les massacres commis à travers le pays et que le président ivoirien Alassane Ouattara a fixé parmi ses priorités.

Pour Daniel Balint-Kurti de l’organisation Global Witness:

«Le problème est qu’il y a eu tant de tueries dans cette crise que l’atmosphère est exécrable et qu’il va y avoir beaucoup de haine et de désir de vengeance.»

«Ouattara est à présent soutenu par un grand nombre d’hommes armés qui ne sont pas disciplinés, qui veulent de l’argent et du pouvoir en échange de l’aide qu’ils lui ont fourni pour arriver au pouvoir. Il est difficile d’imaginer à court terme que le pays puisse retrouver la stabilité. Il ne fait aucun doute qu’il s’agit d’un travail de titan.»

Pour Matt Wells de Human Rights Watch:

«Ouattara a dit ce qu’il fallait.»

«Il ne se dérobe pas face aux besoins de rendre des comptes, de réconcilier et d’enquêter.»

Selon lui, Ouattara doit faire preuve de son indépendance, en collaborant avec les enquêteurs externes sans entraver les recherches sur les excès commis dans son propre camp.

Les priorités de l’Onuci

Le 13 avril, le Conseil de sécurité de l’ONU a encouragé le président ivoirien Alassane Ouattara à former un gouvernement élargi et inclusif.

«Les membres du Conseil de sécurité appellent tous les Ivoiriens à rejeter toutes représailles, vengeance ou provocation, à faire preuve d’un maximum de retenue et de travailler ensemble pour promouvoir la réconciliation nationale et restaurer une paix durable à travers le dialogue et la délibération», a déclaré à la presse l’ambassadeur colombien Néstor Osorio de Colombie qui assure la présidence tournante du Conseil de sécurité.

Le Conseil de sécurité a encouragé également l’Onuci à aider le gouvernement ivoirien dans la tâche urgente de désarmement, l’instauration de l’ordre public et de l’Etat de droit dans le pays et faciliter l’acheminement de l’aide tout en continuant de protéger les civils.

Devant le même conseil, la chef de l’Onuci et représentante spéciale du Secrétaire général en Côte d’Ivoire Y. J. Choi a déclaré que la mission immédiate de l’Onuci était d’éviter un vide sécuritaire, de désarmer les soldats et miliciens insurgés, de sécuriser les infrastructures vitales, notamment les aéroports et les ports, de protéger les civils, de prévenir les représailles et de collecter des preuves de violations des droits de l’homme.

Amnesty International. Que fait l’Onuci?

L’ONG Amnesty International demande à l’Onuci de protéger les dizaines de milliers de civils qui ont fui le conflit et qui veulent rentrer chez eux.

Gaëtan Mootoo, chercheur sur la Côte d’Ivoire pour Amnesty International et actuellement à l’ouest du pays rapporte la détresse de populations déplacées et terrorisées.

«Des milliers de personnes se cachent dans la brousse dans des conditions de vie périlleuses sans nourriture ou système sanitaire. Ils ont besoin d’être rassurés et autorisés à rentrer à leur domicile.»

Dans l’ouest de la Côte d’Ivoire, entre les villes de Guiglo et Blolequin, l’ONG fait état de nombreux villages fantômes, brûlés ou pillés. A Blolequin, pratiquement les 30.000 civils ont fui après les combats et massacres qui se sont déroulés dans la région à la fin mars.

«Le contingent de l’Onuci basé à Guiglo effectuent deux patrouilles par jour dans la région, mais c’est franchement insuffisant pour protéger réellement les civils en danger. Amnesty International appelle l’Onuci à renforcer significativement sa présence, en particulier à Blolequin, afin d’assurer leur protection et de créer les conditions qui permettront à la population de rentrer en sécurité dans leurs communautés.»

Source :slateafrique.com

Légende : Sur cette image, corps de jeunes présumés partisants du président GBAGBO, tués par les rebelles de Ouattara

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